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(22 avril 2008)

BEST SELLER CONSULTING
Une "agence littéraire" qui vous démarche par e-mails

Avant toute chose, afin de vous faire une idée du sérieux et de l'efficacité de cette agence, visitez son site web : http://www.bestseller-consulting.com/

 
 
 


Ce qu'il faut savoir, c'est qu'un véritable agent littéraire, comme l'entendent les anglo-saxons, ne recrute pas des auteurs pour leur faire payer leurs services avant même d'avoir placé le moindre texte auprès d'un éditeur. L'agent littéraire vrai prend les risques du métier en misant sur le poulain qu'il a choisi et se paye uniquement sur les droits d'auteurs.

Admettons cependant que nous sommes en France et pas aux Etats-Unis. Le métier d'agent littéraire n'existe pas réellement dans l'hexagone. On entre donc en affaire avec des malins qui cherchent à couvrir leurs comptes bancaires au moyen  d'une "pompe à fric" actionnée sur la crédulité d'autrui. Pas grave si, après avoir payé, le service rendu est à la hauteur de l'attente.

J'ai donc profité d'une "promotion" de Best Seller Consulting sur son pack "20 adresses d'éditeurs ciblés avec noms des directeurs littéraires à contacter".

Prix normal du listing : 19 euros - Prix de la promotion : 15 euros. Je me suis donc "mouillé" de quinze euros. C'est ce que les joueurs de pocker appellent "payer pour voir" ! 

Avant celà, j'ai tout de même demandé à cette honorable Maison de m'expliquer comment on peut cibler des éditeurs en fonction de leurs lignes éditoriales sans connaître la nature du texte à proposer ?

Voici la réponse :

 

 
  

----- Original Message -----
To: GAVAZZI
Sent: Thursday, April 03, 2008 5:32 PM
Subject: Monsieur Gavazzi

Bonjour Monsieur Gavazzi

Merci de votre e-mail !

Vous avez dans ce sens tout à fait raison! C'est pourquoi nous demandons à nos auteurs de nous envoyer un résumé de leurs textes et le manuscrit par e-mail afin que nous soyons à même de définir les maisons d'édition les plus adaptées à publier leurs textes.

Car une sélection doit être réalisée avec intelligence et discernement. Et parfois, un texte nous interpelle et nous orientons l'auteur vers des maisons tremplins auxquelles il n'aurait pas pensé.

En espérant avoir répondu à vos attentes Monsieur Gavazzi.
 
Cordialement
L'équipe de Best Seller Consulting


Vu la beauté de la prose, je n'ai pas pu résister : je leur ai adressé mon "manuscrit" en pièce jointe, accompagné d'un résumé de l'histoire. Et bien entendu, sans oublier les  15 euros par carte bleue.

Quelques jours plus tard, j'ai reçu le listing...  Pour vous aider à apprécier, je vous précise que mon roman est une comédie de moeurs caricaturale placée dans un contexte pseudo-fantastique. Pas facile à caser !

L'e-mail ci-après, passé après réception, vous éclairera sur le professionnalisme et le sérieux de ces gens :

 

 
 


Bonjour.

 

Bien reçu votre listing de 20 éditeurs que je trouve pour le moins surprenant !

 

Je vous rappelle que je vous ai adressé le manuscrit « Le Cercle de la Crypte » pour vous permettre d’effectuer cette sélection selon les lignes éditoriales. Votre e-mail du 3 courant allait tout à fait dans ce sens en répondant à la question soulevée.

 

- Éditions Autrement.  Aucun lien avec mon manuscrit. Il suffit de voir leur collection. Vous m’auriez conseillé les éditions Larousse que c’était à peu près pareil.

 

- Éditions Pygmalion – Département de Flammarion – Inutile d’envoyer aux deux. Choisir Flammarion

 

- Éditions Joëlle Losfeld : On est presque chez Gallimard. Je ne vois pas dans laquelle de leurs collections un ouvrage comme « Le Cercle de la crypte » pourrait entrer…

 

- Éditions de l’Herne : « Le cercle de la crypte » n’a rien de philosophique.

 

- Oh ! éditions : rien à voir… Cette maison s’intéressent à des problématiques socio-politiques.

 

- Sabine Wespieser Éditeur : ligne éditoriale classique ; pas de badinage !

 

- Presses de la Cité : ne publie que des auteurs étrangers (rachats de droits) ; la collection francophone se limite à des récits de voyages. Toujours rien à voir avec mon manuscrit.

 

- Privat éditions : littérature classique (belle littérature) + régionalisme

 

- Édition du Rocher : Même groupe que Privat. L’esprit politiquement correct de la maison est connu. « Le cercle de la crypte » n’y a aucune chance…

 

- Laurence Teper Éditions : Ligne classique, pas de fantaisie…

 

- Champ Vallon : complètement à côté de la plaque !

 

Bref ! Sur 20 adresses, j’en ai retenu 6 possibles que je connaissais déjà. De plus, seulement 9 responsables éditoriaux son nommés. Et certains ne sont même plus en place…

 

Votre offre est un vrai flop ! On peut trouver beaucoup plus de renseignements sur les maisons d’éditions en allant les chercher gratuitement tout simplement sur Internet !


Nous n'irons certainement pas plus loin ensemble.

 

G. GAVAZZI

Autant dire qu'à ce jour,  je n'ai jamais reçu la moindre réponse à ce message.

Rendons cependant cette justice à Best Seller Consulting : les prix sont étiquetés et la présentation des packs est faite avec tant de sérieux qu'il suffit de faire chauffer sa carte bleue pour que tout manuscrit soit pris en haute considération par les éditeurs...

Je vais vous dire ceci, avec le plus grand sérieux : il ne suffit pas d'avoir des idées pour devenir romancier. Tout le monde peut avoir des idées, mais pas tout le monde est capable d'en faire un roman. L'inspiration ne suffit pas ; il faut aussi un minimum de technique, à commencer par une connaissance convenable de la langue dans laquelle on écrit. Et si on sait écrire, les packs de Best Seller Consulting n'ont plus grand intérêt pour l'auteur. Et si on ne sait pas écrire, ils n'ont plus d'intérêt que pour Best Seller Consulting... A mon sens, l'offre serait moins critiquable si elle se limitait à des propositions d'aide technique sans que la promesse d'être édité ne soit aussi fortement suggérée sous couvert d'une qualification d'agent littéraire alors que cette fonction essentielle est totalement dissoute dans la facturation de services annexes.

A votre tour d'être sérieux en vous disant bien  qu'un agent littéraire qui vous demande des sous avant de vous avoir placé le moindre bouquin, c'est comme un éditeur qui vous demande des sous pour l'éditer. Ce sont des demandeurs de sous, pas des agents littéraires ni des éditeurs !

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Le droit de réponse est naturellement ouvert aux intéressés.

 
 
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(15 mars 2008)
"L'Enfer est pavé de bonnes intentions", en voici un exemple : 
 
 

Une jeune personne m’a contacté voici quelques jours pour me faire part d’un article mettant en cause la probité de EDITEUR INDEPENDANT sur le site

 

«TOUT POUR L'AUTEUR»

 

(Sur ce même site, animé par Mme Marina Missier, dont la prétention est d'informer et de défendre les intérêts des auteurs, dans la même rubrique des contrats "décortiqués",  on trouve un article qui ne tarit pas d'éloges sur un contrat proposé par une Maison d'édition qui ne publie qu'à compte d'auteur (yvelinedition! Un morceau de bravoure à ne pas manquer ! ...)

 

Voici ce que j’y ai trouvé à propos du contrat d'Editeur Indépendant 

 

L’éditeur Indépendant

Décortiqué

 

Il n’y a pas grand-chose à dire sur le contrat en lui-même si ce n’est que :

 

- c’est un vrai contrat d’édition

- c’est de l’édition à la demande

- il faut céder ses droits pour tous les supports avec un % dérisoire pour les PDF

 

            1   Le gros piège est dans ces deux articles du contrat :

 

4.1  Si l’auteur le souhaite, les éditions l’Editeur Indépendant céderont à première demande de sa part leurs droits d’exploitation de l’ouvrage à tout éditeur qui en aura exprimé le souhait.

 

4.2  En cas de cession, l’éditeur cessionnaire reversera aux éditions l’Editeur Indépendant 4% (quatre pour cent) du chiffre d’affaire public réalisé pendant toute la durée d’exploitation de l’ouvrage. La mention suivante sera portée sur les ouvrages de l’éditeur cessionnaire :

« œuvre découverte par les éditions l’Editeur Indépendant »

 

Où est le piège me direz-vous ? Ces deux articles ont l’air favorables à l’auteur. En apparence seulement car le piège est ailleurs que dans le contrat… En effet, l’Editeur Indépendant ne diffuse PAS vos ouvrages, c’est à peine s’il référence l’auteur et son livre sur google.

 

Quel intérêt pour un éditeur de ne pas faire une diffusion selon les usages dans la profession ??? La réponse est dans les deux clauses…

 

En effet, que fait un auteur s’il s’aperçoit que son livre n’est pas diffusé normalement ? Il reprend son bâton de pèlerin et refait le tour des éditeurs mais cette fois avec plus de persévérance que la première fois. Et lorsqu’il trouve un nouvel éditeur, l’éditeur Indépendant se remplit les poches avec les 4% de la cession des droits d’exploitation.

 

Et ne rêvez pas ! Ces 4% ce n’est pas le nouvel éditeur qui va les verser à l’Editeur Indépendant… Ces 4% sur le CA public vont venir en déduction de vos droits d’auteur… alors 4% cela n’a l’air de rien mais 4% sur le CA public c’est plus de 60% de vos droits d’auteur.

 

Et si vous voulez attaquer l’éditeur Indépendant  pour dénoncer votre contrat : je vous souhaite bien du plaisir car le N° de RC correspond à une société dont l’activité n’a aucun rapport avec l’édition. En outre, le signataire du contrat est le dirigeant de 5 autres sociétés dont 2 dont le code APE correspond à l’édition mais dont les formes juridiques sont des SARL de presse alors qu’il est impossible de faire de l’édition de livres avec un statut d’une SARL de presse.

 

Bref ! C’est un joyeux mic mac statutaire qui ne laisse rien augurer de bon…
 

     Je me suis permis de réagir à cet article en adressant un e-mail à son auteur le 29 janvier 2008. A ce jour, je n'ai reçu aucune réponse. En voici le contenu :

J’ai lu avec attention votre article concernant les « arnaques » dont les auteurs sont parfois victimes de la part d’éditeurs peu scrupuleux.

 

   Ayant moi-même publié deux ouvrages chez Editeur Indépendant, j’ai cependant trouvé votre critique un peu abrupte et sans nuance, semble-t-il en l’absence d’une réflexion plus approfondie et des connaissances élémentaires qui auraient dû l'accompagner.

 

   Le problème de l’auteur est d’abord d’être publié. Editeur Indépendant propose un contrat réellement à compte d’éditeur. On ne demande pas ensuite à l’auteur de payer la couverture du livre, la maquette ou toute autre prestation. Les ouvrages sont réellement lus, sélectionnés et corrigés (Les lecteurs et correcteurs génèrent pourtant un coût salarial à charge de l’éditeur). Tout le processus éditorial se fait en liaison avec l’auteur jusqu’au tirage du BAT.

 

   Dire, comme vous le faites, que cet éditeur se contente "à peine" de référencer l’ouvrage sur Google est scandaleusement inexact ! Les livres sont à la vente chez l’éditeur mais aussi sur la plupart des librairies en ligne (FNAC, Auchan, Amazon, Alapage, Chapitre…). On notera également le référencement d'Editeur Indépendant par le réseau DILICOM touchant de nombreuses librairies, et sa présence dans la plupart des Salons du Livre partout en France y compris le plus important, celui de la Porte de Versailles à Paris.

 

   Vous attaquez principalement les articles relatifs au rachat des droits. Si l’auteur trouve un autre éditeur, il perdra 4% sur les droits perçus pendant toute la durée d’exploitation de l’ouvrage. Ceci ne me choque pas. Si l’auteur, en reprenant son bâton de pèlerin avec son livre déjà édité trouve meilleure fortune ailleurs, il n’est pas anormal que celui qui a aidé au processus, même indirectement, puisse aussi en tirer profit. Et comme dans l'absolu il vaut mieux avoir 6% de quelque chose que 10% de rien du tout,  reconnaissons que dans le relatif le solde de l’opération peut ne pas être totalement négatif pour l’auteur.

 

   Cette réflexion ne fait que poser la question de principe. Car je crains, hélas, que cette clause de rachat des droits d’exploitation ne soit qu’une clause de style arrivée là comme sortie d’un rêve de son rédacteur. En effet, je n’imagine pas un puissant éditeur venir piocher dans la bibliothèque d’Editeur Indépendant pour étoffer sa collection...

 

   Voici pourquoi : un éditeur moyen reçoit plusieurs centaines de manuscrits par mois (Entre 400 et 500 chez Actes Sud). La réponse stéréotypée arrive à l’auteur quelques semaines après sont envoi : « Malgré toutes ses qualités, notre comité de lecture n’a pas cru devoir retenir votre ouvrage, celui-ci n’entrant pas dans le cadre de nos collections »

 

   En réalité, dans la plupart des cas, le manuscrit n’a même pas été ouvert et en voici la preuve : en septembre dernier j’ai adressé un manuscrit à trois grands éditeurs parisiens. J’ai pris soin de joindre une enveloppe retour affranchie. Chacun des trois manuscrits avait les trois premières pages légèrement attachées entre elles par un discret point de colle à papier très facile à faire sauter en tournant les feuilles. Les trois exemplaires me sont revenus avec les points de colle intacts ! Ils ne pouvaient évidemment pas entrer dans les collections de ces éditeurs dont je tairai les noms pour ne pas soulever de polémique stérile. Je ne parlerai pas de ceux qui ne se donnent même pas la peine de répondre…

 

   Il faut bien se dire que, dans l’état actuel de l’édition traditionnelle en France, on a à peu près aucune chance de placer un manuscrit si on n’a pas au moins une introduction auprès de l’éditeur, ne serait-ce que pour être lu. Car évidemment, même si au final les chances d’être édité restent faibles, c’est comme au Loto, pour avoir une chance de gagner, il faut au moins pouvoir jouer ! Editeur Indépendant donne cette chance aux auteurs en investissant sur une réelle étude des manuscrits.

 

   Comme je ne crois pas que cette Maison puisse compter sur ces illusoires 4% pour survivre, il faudra bien qu’elle définisse une stratégie plus dynamique pour vendre ses bouquins. On sent d’ailleurs qu’un effort se dessine par une approche nouvelle des libraires traditionnels. Laissons-lui donc le temps de mûrir après seulement un an et demi d’existence. L’avenir dira si, par ses choix, cette entreprise sera ou non viable. Si elle n’évolue pas vers une démarche marketing plus agressive en opérant les bons choix, le risque pour ses dirigeants est de végéter ou de disparaître. Je pense qu'ils le savent mieux que quiconque et en mesurent parfaitement le risque.

 

   En conclusion : avant de mettre un éditeur au pilori, il faut savoir garder un certain recul par rapport aux événements immédiats, savoir qu’on n’est pas forcément l’écrivain du siècle et qu’on ne parviendra pas à faire éditer son dernier four chez Grasset, sauf à s’appeler BHL ! Le fait qu’Editeur Indépendant tente de faire tourner sa boutique sans précompte inversé sur le dos de l’auteur est déjà respectable. Accordons au moins ce bénéfice moral à ses dirigeants sans les obliger à s’afficher totalement philanthropes ce qui, d’ailleurs, serait plutôt inquiétant ! 

 

   Bien involontairement, j’en suis sûr, vous faites ensuite de la désinformation à propos des statuts juridiques des sociétés dirigées par la même personne. Ne cachons pas son nom : François Guilmoto.

 

   Je ne vois pas  ce qu’il pourrait y avoir d’illégal ou de seulement critiquable dans l’articulation d’un groupe de sociétés régulièrement inscrites au registre du commerce.

 

   La personne morale, quelle que soit sa forme juridique, peut se déclarer dans une activité de base avec des activités annexes et connexes. Le code APE correspond généralement à l’activité principale ; il est possible d’en demander la modification selon l’évolution de l’entreprise. Le statut de presse peut avoir un intérêt fiscal (exonération de la TVA) pour les activités conformes aux exigences de la Commission Paritaire de Presse. Pour les activités sortant de ce champ d’application, on peut faire confiance au fisc pour appeler la TVA, ce qui est le cas dans l’édition de livres. Il faut donc être clair sur ce point : rien n’interdit à un organe de presse de se livrer à une activité d’édition, contrairement à ce que vous laissez croire dans votre article.

 

   Enfin, toute personne morale, quelle que soit son activité déclarée, doit répondre de ses actes devant la justice au même titre qu’une personne physique. Une assignation lancée contre Editeur Indépendant (ou inversement par Editeur Indépendant contre une personne physique, par exemple sur les fondements de la Loi pénale relative à la diffamation) serait parfaitement recevable, sans aucune exception et certainement pas celle d’un code APE, ou en vertu d’un contenu statutaire constituant le contrat social opposable seulement aux personnes qui s’y sont obligées, mais nullement aux tiers.

  

   Je ne vois donc pas de quel micmac vous voulez parler. Je pense qu’on n’aide personne en créant injustement la suspicion avec des tuyaux crevés, que ce soit par imprudence ou par ignorance.

 

   (Il est vrai que Mme Marina Missier, voyante, magnétiseuse et médium (Les Livres de Marina Missier)  est peut être plus douée pour les sciences occultes que pour la règle de droit.)

  

   Pour terminer, et de manière à ne laisser planer aucune équivoque, je tiens à préciser que je n’ai aucun intérêt lié avec Editeur Indépendant sinon le seul fait d’y avoir publié deux ouvrages en pleine connaissance de cause et que je ne connais pas personnellement Monsieur Guilmoto. Je n’ai fait que le croiser quelques instants à l’occasion du Salon du Livre de Paris en mars 2007. J'en ai cependant gardé l'impression d'un entrepreneur sympathique et courageux.

 

Georges Gavazzi 

 

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