Edwin Novotny

 

CV de l’auteur :

Agé de trente cinq ans et ingénieur qui a participé à la conception de l’A380. L’auteur, connaît parfaitement la conception et la fabrication de l’avion géant. Utilisant son expérience aéronautique et sa passion du polar, il a écrit des romans policiers qui se passent dans le milieu aéronautique.

Extraits choisis :

Ce matin la Anton Federovitch avait du temps libre, en effet pas de vol ni de simulateur aujourd’hui. L’avion était rentré à la FAL pour des travaux de finition.

Après le petit déjeuner il alla se promener sur la place du capitole. La journée était superbe, il décida alors d’aller voler. Il monta dans son 4X4, il prit ensuite la direction de l’aérodrome de Toulouse. Arrivée à l’aérodrome, il regarda la météo, belle journée, des conditions idéales pour faire un vol.

Il alla dans le hangar et regarda son YAK 3, l’avion était superbe, le nez pointé vers le ciel.

En ouvrant la porte du hangar, il demanda à deux autres pilotes de l’aider à pousser le yak en dehors du hangar. Les deux hommes acceptèrent tout heureux d’approcher un avion si légendaire. Ils échangèrent quelques paroles puis Anton commença à faire la visite prévol, il inspecta soigneusement chaque partie visible, particulièrement les parties mobiles, commandes de vol, les volets et le train d’atterrissage, il connaissait parfaitement les parties sensibles et fragiles de cette machine si puissante mais qui avait aussi ses points faibles. Il savait que si le Yak avait un problème technique les chances de s’en sortir indemne étaient faibles. La recherche de la performance avait obligé les ingénieurs de 1940 à faire quelques impasses sur la sécurité et les chasseurs de l’époque n’avaient aucun système de secours.

Il s’équipa, il tenait particulièrement à voler avec une tenue de vol en cuir qui était la copie des tenues de vol russe de la deuxième guerre mondiale. Ainsi équipé dans son YAK il se sentait invincible, et pour lui, s’était rendre hommage aux pilotes de combat. Il monta dans le poste de pilotage, s’harnacha. Pour piloter un engin pareil, il fallait impérativement être « soudé » au siège, pour faire « corps » avec la machine, sentir chaque vibration, chaque mouvement du fuselage et chaque oscillation des ailes. Il passa cinq minutes a déroulé la check-list. Mis son casque, pris contact avec la tour, regarda devant pour voir si la voie était libre. Il bougea les commandes de vol pour vérifier qu’elles fonctionnaient bien et prit une respiration et brancha les magnétos et lança le moteur. On attendit d’abord le chuintement du démarreur électrique puis le moteur hoqueta,  suivi quelques secondes après par un immense panache de fumée blanche sortant des pipes d’échappement du V12. Le bruit fut assourdissant quand le moteur fini par démarrer. Tout l’aérodrome fut rempli du rugissement du moteur. Des curieux attirés par le bruit s’approchèrent. Anton fit chauffer le moteur pendant cinq minutes, vérifiant que la pression d’huile et la température étaient correctes. Progressivement il augmenta les gaz, le monstre commença à bouger, il roula doucement sur la piste. Il  le mena en bout de piste face au vent.

Après avoir demandé à la tour de contrôle de l’aérodrome l’autorisation de décoller, Anton poussa lentement la manettes des gaz, le yak s’élança sur la piste, au fur et à mesures que le chasseur accélérait Anton augmentait les gaz progressivement, il fallait être très doux avec le monstre. La piste commença a se déroulé de plus en plus vite devant le nez du chasseur. Anton était concentré sur le pilotage du yak, l’accélération était énorme, le couple du moteur avait tendance a emmené l’avion à droite de la piste, il fallait en permanence contrer cette tendance qui pouvait faire sortir l’avion de la piste. De plus toujours surveiller les paramètres du moteur, si le moteur avait  une baisse de puissance au décollage, les conséquences seraient dramatiques.

Une fois atteint la vitesse de décollage, le yak s’éleva dans les airs. Il regarda une nouvelle fois les indicateurs du moteur. Il mit l’avion en monté. Ayant vérifié que tout était normal à bord de l’avion, il commença à actionner le levier pour remonter le train. Une fois le train rentré l’avion accéléra et monta accord plus vite. Anton annonça à la tour qu’il prenait le cap de Carcassonne. Il accéléra encore et commença à voir au loin un avion de tourisme TB9 qui lui aussi allait sur Carcassonne. Il était tentant pour lui de vouloir engagé cet avion comme si il s’agissait d’un Messerschmidt mais Anton était pilote professionnel il savait que s’était dangereux. Ce rapprochant rapidement de l’avion il décida de s’approcher et de le dépasser par la droite.

Au moment ou le YAK était à la hauteur du TB 9, son pare brise se couvra d’huile Anton  regarda immédiatement la pression d’huile, elle diminuait déjà. Il savait très bien ce qui s’était passer et ce qui allait ce passé. Une durite d’huile s’était rompue projetant de l’huile partout, la pression d’huile allait baisser rapidement, le moteur ne serait pas lubrifié et il ne tarderait pas à rendre l’âme ou à prendre feu. Bref il n’avait que quelques minutes à peine pour trouver un endroit ou poser le monstre. Le plus ennuyeux dans l’affaire c’est que l’huile qui fuyait coulait le long du pare brise et lui cachait la visibilité vers l’avant, donc impossible de réussir un atterrissage dans ces conditions. De plus, il n’était pas envisageable pour lui de sortir la tête du cockpit car l’huile chaude lui brûlerait le visage.

 

Le pilote du TB qui avait vu la scène, avait compris dans quelle situation critique était le pilote du YAK 3.  Dans quelques minutes la merveille de mécanique allait mener son pilote vers une mort certaine.

Anton avait réduit les gaz pour ménager le V12, permettant par la même occasion au TB de se maintenir à sa hauteur. Le pilote du TB, cria à la radio « suivez moi ». Anton comprit immédiatement que s’était son unique chance de sortir vivant de ce vol. Les deux avions basculèrent vers l’autoroute. Suivant son instinct, le pilote du TB jugea que le seul endroit où pouvait atterrir le YAK était une portion d’autoroute et en semaine la circulation faible permettrait de se poser sans beaucoup de risque.

 

Les deux avions restaient cote à cote, le pilote du TB regardant la portion d’autoroute ou il allait faire poser le YAK et Anton regardant sur le coté le TB. Chaque fois que Anton regardait sa pression d’huile il serrait un peu plus les fesses. Maintenant la pression était nulle, cela voulait dire que l’huile ne circulait plus dans le moteur, ce qui pour un V12 est très mauvais signe.  Le cockpit était remplit de l’odeur de l’huile chaude. Puis se devait  arrivée arriva, le V12 s’arrêta, l’hélice s’immobilisa, le bruit assourdissant du V12 fut remplacé pour le doux et angoissant sifflement de l’air autour de l’avion. Anton  pensa alors que se sifflement annonçait sa fin. Le YAK n’était pas un planeur, sans moteur, il se mit à descendre rapidement, le sol se rapprochait rapidement. Le TB se mit  à descendre comme le YAK pour l’accompagner jusqu’à la piste de fortune. Les deux  avions arrivèrent au dessus de l’autoroute avec encore 300 m d’altitude. Le TB commença a viré de 20 degrés pour prendre l’axe de la route. Pour Anton Federovitch cette manœuvre risquait d’être fatale, en effet, le YAK perdrait encore plus d’altitude lors du virage. Il décida de suivre tout de même le TB.

Voyant le sol très proche Anton ouvrit la verrière pour être prêt à sortir. Maintenant il était si bas qu’il décida de commencer son atterrissage, il ne savait ou il allait se poser mais il ne lui restait cette alternative. Sur le coté de l’avion  il vit avec un certain soulagement le bitume de l’autoroute. Il savait qu’il était maintenant au dessous d’une surface plate, il fut également soulager de voir qu’il était dans l’axe de la route.

Le sol arriva très vite, Anton  se recroquevilla dans le cockpit, se faisant le plus petit possible, le moment de vérité était arrivé « A la grâce de dieu » pensa t’il. Le choc fut brutal, le bruit assourdissant. Une gerbe d’étincelle jaillit de sous le fuselage du YAK. Les deux tonnes glissèrent sur le bitume pendant de longues secondes. Va-t-il heurter une bagnole pensa Anton ? Enfin le monstre s’arrêta, Anton  sans demander son reste, sortit de l’avion et couru le plus loin possible de la carcasse fumante. Par chance il n’y avait aucune voiture, et il fut surprit de voir également le TB posé de l’autre voie de l’autoroute. Le pilote du TB lui avait sauvé la vie. « Je lui dois une sacré chandelle à ce foutu Français » pensa t’il en marchant calmement vers le TB. Il constata réjouit que le pilote était en faite une superbe blonde. C’était Ariane Holdstein.

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Edwin Novotny